Violence scolaire : un collégien attaque sa professeur à l’arme blanche
Des policiers présents devant le collège La Guicharde, à Sanary-sur-Mer, le 3 février 2026
Crédit : Miguel MEDINA / AFP
« C’est avec une très grande douleur que je m’adresse à vous » : le ministre de l’Éducation nationale prend la parole concernant la tentative de meurtre d’un élève sur sa professeure d’art plastiques. Le drame s’est déroulé le mardi 3 février au collège La Guicharde de Sanary-sur-Mer, dans le Var. Un adolescent de 14 ans poignarde à de nombreuses reprises sa professeure d’arts plastiques dans le torse, il a été interpellé par les forces de l’ordre et placé en garde à vue pour tentative d’assassinat. La professeure de 60 ans a été prise en charge par le SAMU et hospitalisée, sortie du bloc opératoire mardi soir, elle se trouve maintenant dans un état « stable », d’après Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale.
Par Angelina BOUZIANIPublié le 08/02/26 à 17h10Un élève décrit comme perturbateur, suivi par la justice pour des difficultés familiales
Tatiana Kolodziej, professeure de sport dans le collège où se sont déroulés les faits, décrit l’élève comme « perturbé et perturbateur dans certaines disciplines ». L’adolescent de 14 ans n’était a priori pas connu des services de police pour des faits de violence, mais suivi par un juge des enfants à cause d’une certaine « problématique familiale », a indiqué le procureur de la République de Toulon. Il souligne le différend entre l’élève et sa professeure qui auraient déjà écrit des rapports sur le jeune garçon. Certains élèves affirment que le jeune garçon avait déjà annoncé son intention à ses camarades, déclarant : « Je vais la tuer, je suis déterminé. »
Difficulté liée à la mise en place de mesures contre les armes
Cet événement met en lumière le problème du contrôle d’armes dans les établissements scolaires. Édouard Geffray, conscient du problème, affirme que 525 armes blanches ont été saisies lors de 12 000 contrôles menés entre fin mars et décembre 2025.
En effet, un dispositif de fouilles de sacs aléatoires a été installé dans les établissements scolaires afin d’anticiper et mettre un terme à ces attaques avant même qu’elles ne se produisent. Or, ce dispositif reste ponctuel puisque les membres de l’Éducation nationale n’ayant pas le droit d’effectuer la fouille des sacs, l’intervention de la gendarmerie ou de la police est nécessaire.
De plus, de nombreux portiques et caméras de surveillance ont été installés dans les établissements scolaires français. Ces dispositifs peuvent être perçus comme des avancées mais ne règlent pas le problème de la sécurité du corps enseignant et des élèves. L’installation de détecteurs de métaux ne semble pas non plus envisageable, pour cause, le nombre trop important d’élèves rentrant et sortant du lycée.
La santé mentale des élèves, au cœur des enjeux de sécurité scolaire
Certains estiment que renforcer uniquement la sécurité dans les établissements scolaires ne permettra pas d’éviter les violences. Selon eux, le problème est plus profond et relève de la santé psychologique des élèves.
Sur franceinfo, Sophie Venetitay, secrétaire générale du SNES-FSU et professeure dans l’Essonne, a expliqué qu’il était irréaliste de vouloir transformer les collèges et les lycées en « bunkers ». Elle ajoute qu’un mal-être important touche un nombre important d’élèves depuis plusieurs mois.
Élisabeth Borne avait elle aussi exprimé ses doutes face au tout sécuritaire. Elle avait rappelé qu’il était impossible de mettre en place des fouilles quotidiennes et avait appelé à ne pas faire des établissements scolaires des lieux ultra-sécurisés. En juin, elle avait présenté un protocole visant à repérer et accompagner les jeunes en situation de souffrance psychologique, qui devait être appliqué dans chaque établissement.
Pour beaucoup, la réponse aux violences scolaires passe donc davantage par l’accompagnement des élèves que par un renforcement excessif des mesures de sécurité. Reste à savoir si ces mesures seront réellement mises en place et suffisantes pour répondre au mal-être des élèves.